Deux chaises face à face dans un espace de travail calme, prêtes pour une conversation

On est tous des humains. Pourtant, au travail, on l’oublie souvent. Résultat : en entreprise, les vraies conversations se font rares.

Pense à ta dernière semaine. Combien de fois as-tu parlé de chiffres, de dates ou de projets? Et combien de fois as-tu demandé à quelqu’un comment il allait, vraiment?

Si le deuxième chiffre est plus petit, rassure-toi : c’est le cas de presque tout le monde. Et c’est justement là que se cache une belle occasion.

On se parle peu entre nous

Au travail, on parle surtout des tâches. On suit un dossier, on vérifie une date, on règle un problème. Ensuite, chacun retourne à son écran.

Et quand on prend des nouvelles, c’est souvent un « Ça va? » dans le corridor. La réponse est presque toujours la même : « Oui, ça va. » Puis on passe à autre chose.

Selon Gallup, 21 % des employés canadiens se sentent engagés au travail. Derrière ce chiffre, il y a des gens. Et chacun a une raison que personne n’a encore entendue.

Une corde coupe tenant que par un fil

On tient pour acquis, on devine

D’abord, on tient pour acquis. Un employé arrive en retard? On se dit qu’il manque de motivation. Une gestionnaire répond sèchement? On pense qu’elle a mauvais caractère. Un projet n’avance pas? On croit que l’équipe manque de rigueur.

Ensuite, on agit sur ce qu’on croit voir. On ajoute une règle, un outil ou une activité d’équipe.

Puis, le problème revient. Pourquoi? Parce que l’employé en retard était peut-être épuisé par des tâches qui ne lui ressemblent pas. La gestionnaire portait peut-être une charge trop lourde. Comme personne n’a posé la question, la vraie cause est restée là.

Une seule question sincère peut changer la suite.

Mais alors, pourquoi est-ce si difficile de se parler?

Oser se dire les vraies choses 

Au travail, dire « je n’aime pas faire cette tâche » ou « je suis fatigué » demande du courage. Dire « j’ai besoin d’aide » aussi. On craint d’être jugé, de décevoir ou de paraître moins bon.

Du côté des patrons, c’est pareil. On hésite à partager ce qui se passe vraiment et à poser des questions plus personnelles, de peur de mal paraître ou de déranger. Et puis, les journées sont déjà bien remplies.

Quand chacun ose dire ce qu’il vit, le leader a enfin la bonne information pour décider.

La bonne nouvelle? La transparence se bâtit simplement. Il suffit de questions sincères, posées souvent, et d’une vraie écoute.

Par où commencer, alors?

Trois questions pour une vraie conversation

Ces trois questions prennent cinq minutes. Pourtant, elles changent tout. Elles vont aussi très bien avec les questions humaines pour ta planification 2027.

1. Quel est ton niveau de fatigue?
C’est simple et clair. En plus, la personne sent que tu t’intéresses à elle, pas seulement à son travail.

2. Qu’est-ce qui te pèse vraiment?
Le mot « vraiment » change tout. Il invite la personne à aller plus loin que sa première réponse.

3. De quoi as-tu besoin pour changer ça?
Ici, vous cherchez la solution ensemble. La personne n’est plus seule avec son problème.

Un conseil : accueille la réponse telle qu’elle est. C’est ce qui donne envie de se confier la prochaine fois.

Ce que les réponses te révèlent

Quand les gens répondent franchement, la cause apparaît. Très souvent, elle vient d’un des 3 composants de l’esprit.

  • Cognitif (penser) : la personne reçoit trop d’information ou a trop de tâches à faire. Sa tête déborde. Devant une liste trop longue, elle gèle et bloque sur place.
  • Affectif (ressentir) : les émotions de la journée pèsent lourd, comme la frustration de faire des tâches qu’on n’aime pas. À la fin, le corps est fatigué.
  • Conatif (agir) : la personne travaille contre sa façon naturelle d’agir. Elle peut encore réfléchir, mais son énergie est à plat.

Chaque fatigue demande donc une solution différente. Parfois, changer quelques tâches suffit à redonner à quelqu’un toute son énergie.

Voilà pourquoi une vraie conversation vaut de l’or. Grâce à elle, tu règles la cause au lieu du symptôme*.

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Une conversation à la fois

On est toujours partis de la structure, pas de l’humain. On a appris à évaluer, à améliorer et à renforcer les structures. Est-ce naturel de partir des gens au lieu des structures? Est-ce naturel d’évaluer une personne selon ce qu’elle sait, ce qu’elle ressent et comment elle agit naturellement? Non, c’est une approche contraire, et c’est inconfortable.

Débute par une conversation à la fois. Pas besoin d’un grand plan. Choisis une personne de ton équipe. Pose-lui les trois questions. Puis écoute sa réponse jusqu’au bout.

Ensemble, remettons l’humain au centre. Parlons-nous d’humain à humain.

Pour aller plus loin, prends un rendez-vous privé ou participe au Café Aligné.